Revenir à un pilote graphique antérieur et documenter un défaut de série
Des stations de travail neuves qui se figent après une mise à jour de pilote GPU. Comment constituer le dossier avant de toucher au pilote, revenir à une version connue bonne, et tenir face au support.
En août 2026, un lot de stations de travail mobiles neuves, équipées de GPU professionnels de dernière génération, s’est mis à planter. Pas sous une charge extrême : dans des applications banales. Un poste isolé, c’est un incident. Plusieurs postes du même modèle, c’est un défaut de série — encore faut-il pouvoir le démontrer, parce que tant que ce n’est pas démontré, le constructeur traitera chaque cas comme un problème d’environnement.
Cette page décrit les deux moitiés du travail : revenir proprement à un pilote qui fonctionne, et constituer en parallèle le dossier qui empêchera le support de refermer le ticket.
Prérequis
Section intitulée « Prérequis »- Un compte administrateur local sur les postes concernés.
- Un partage réseau accessible aux utilisateurs, pour y déposer la version de pilote « connue bonne ».
- L’outil officiel de collecte de logs du constructeur.
- L’accord des utilisateurs pour un redémarrage : le retour arrière n’est pas transparent.
Étape 1 — Constituer le dossier avant de toucher au pilote
Section intitulée « Étape 1 — Constituer le dossier avant de toucher au pilote »C’est contre-intuitif quand on est sous pression, mais l’ordre compte. Une fois le pilote remplacé, vous ne pouvez plus prouver grand-chose sur la version fautive.
Demandez à plusieurs utilisateurs touchés de générer les logs constructeur avec l’outil officiel. La procédure tient en quatre lignes dans un mail, et elle doit être écrite pour quelqu’un qui n’est pas informaticien :
- Télécharger l’outil de collecte à l’adresse indiquée.
- Le décompresser sur le Bureau.
- Clic droit sur l’exécutable, Exécuter en tant qu’administrateur.
- Attendre quelques minutes, puis renvoyer le fichier ZIP généré dans le dossier.
En parallèle, tenez un tableau. C’est lui, plus que les logs, qui fait basculer un dossier support.
| À relever | Pourquoi |
|---|---|
| Modèle exact et référence du poste | Prouver que le périmètre est un modèle, pas une machine |
| Version du pilote installée au moment du plantage | Corréler avec la date de déploiement |
| Date et heure de chaque plantage | Établir une fréquence, pas une anecdote |
| Application utilisée au moment du gel | Écarter l’hypothèse « charge applicative » |
| Postes du même modèle non touchés | Le point le plus discuté par les supports |
| Postes d’un modèle antérieur, même image logicielle | Argument décisif : même environnement, pas de plantage |
Cette dernière ligne est celle qui a compté chez moi. Des postes de génération précédente, avec exactement le même socle logiciel, ne présentaient aucun symptôme. Le seul facteur qui variait était le matériel et son pilote.
Étape 2 — Identifier la version fautive et la version connue bonne
Section intitulée « Étape 2 — Identifier la version fautive et la version connue bonne »Relevez la version installée sur chaque poste. Deux commandes suffisent, l’une côté constructeur, l’autre côté Windows :
nvidia-smi
Get-CimInstance Win32_VideoController | Select-Object Name, DriverVersion, DriverDate | Format-Table -AutoSizeAttention à la double numérotation : le constructeur du GPU communique une version de branche, Windows affiche
une version de pilote. Dans mon cas, la version fautive était la 32.0.15.9579 (branche 596.53), et la
version connue bonne la 32.0.15.9164 (branche 591.64). Notez les deux formes dans votre dossier support,
sans quoi vous et votre interlocuteur ne parlerez pas de la même chose.
Étape 3 — Revenir en arrière proprement
Section intitulée « Étape 3 — Revenir en arrière proprement »Deux méthodes, et elles ne se valent pas.
La méthode Windows, quand la version précédente est encore présente
Section intitulée « La méthode Windows, quand la version précédente est encore présente »Si le pilote a été remplacé récemment sur le poste, Windows conserve le précédent :
Gestionnaire de périphériques → Cartes graphiques → clic droit sur le GPU→ Propriétés → onglet Pilote → « Revenir à la version précédente »C’est rapide, mais le bouton est souvent grisé — après un nettoyage de disque, une mise à niveau de Windows ou une installation initiale par le constructeur.
La méthode qui fonctionne dans tous les cas : réinstallation propre
Section intitulée « La méthode qui fonctionne dans tous les cas : réinstallation propre »Récupérez sur le partage réseau la version connue bonne, puis, dans l’assistant d’installation du pilote :
- Choisir « Étapes personnalisées » plutôt que l’installation express.
- Cocher « Effectuer une nouvelle installation ».
- Laisser l’installation aller au bout, puis redémarrer.
Le second point est le seul qui compte vraiment. Une installation par-dessus conserve des composants de la version fautive, et c’est précisément ce qu’on cherche à éliminer. Une nouvelle installation efface les réglages du pilote et repart d’un état propre.
Étape 4 — Vérifier et geler
Section intitulée « Étape 4 — Vérifier et geler »Après redémarrage, contrôlez que c’est bien la version voulue qui tourne :
nvidia-smiPuis empêchez le pilote de se remettre à jour tout seul : désactivez la mise à jour automatique dans l’outil du constructeur, et excluez les pilotes graphiques de vos anneaux de mise à jour tant que le dossier support est ouvert. Un retour arrière annulé par une mise à jour nocturne est une journée perdue et un dossier support brouillé.
Étape 5 — Ce qu’on répond quand le support propose la réinstallation d’usine
Section intitulée « Étape 5 — Ce qu’on répond quand le support propose la réinstallation d’usine »Elle arrive toujours, elle est polie, et elle veut dire « remettez la machine dans l’état où nous l’avons vendue ». Ce test ne prouve rien : une machine réinstallée à l’image d’usine ne porte plus l’environnement dans lequel le défaut se produit. Si elle ne plante pas, on n’aura rien appris ; si elle plante, on aura perdu une station pendant deux jours.
La formulation que j’utilise, et qui n’a jamais braqué personne :
Ce test ne permettra pas de reproduire les conditions réelles d’utilisation, les dysfonctionnements apparaissant dans notre environnement de production.
Elle fonctionne parce qu’elle ne refuse pas de coopérer : elle refuse ce test-là, et elle est accompagnée des logs, du tableau des occurrences et de la comparaison avec la génération précédente.