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Jérémie Vitet

Microsoft

Activer, vérifier et dépanner une licence Windows avec slmgr

La page Activation de Windows ne dit ni le type de licence, ni sa date d'expiration. slmgr le dit : lire une licence OEM, détail, KMS ou MAK, activer en ligne ou par téléphone, et lire les codes d'erreur.

Publié le
Temps de lecture
6 min de lecture
Niveau
intermédiaire
Statut
à jour
Vérification
Testé sur Windows 10, Windows Server 2022

La page Paramètres > Système > Activation a un défaut : elle répond par oui ou par non. Windows est activé, ou il ne l’est pas, avec parfois un code d’erreur à huit chiffres en guise d’explication. Elle ne vous dira jamais de quel type de licence il s’agit, si elle expire, combien de réarmements il reste, ni vers quel serveur d’activation le poste essaie de parler.

slmgr répond à toutes ces questions. C’est un script fourni avec Windows depuis quinze ans, il n’y a rien à installer, et il reste l’outil que j’ouvre en premier dès qu’un poste réinstallé, une machine virtuelle clonée ou un PC récupéré affiche un filigrane « Activer Windows » en bas à droite.

Une invite de commandes en tant qu’administrateur. Sans élévation, la plupart des paramètres échouent en silence ou affichent un refus d’accès. Toutes les commandes qui suivent s’écrivent indifféremment slmgr ou slmgr.vbs ; sur les versions récentes de Windows, préfixez par cscript //nologo si vous voulez la sortie dans la console plutôt que dans une boîte de dialogue :

Sortie en console plutôt qu'en fenêtre
cscript //nologo C:\Windows\System32\slmgr.vbs /dlv

Savoir ce que vous avez avant de changer quoi que ce soit

Section intitulée « Savoir ce que vous avez avant de changer quoi que ce soit »

C’est l’étape que tout le monde saute, et c’est la seule qui compte. Trois commandes :

Diagnostic de licence
slmgr /dli
slmgr /dlv
slmgr /xpr

/dli donne l’essentiel : édition, les cinq derniers caractères de la clé installée, état d’activation. /dlv ajoute l’identifiant d’activation, le canal de licence, le nombre de réarmements restants et, pour un client KMS, le nom du serveur d’activation contacté. /xpr répond à une seule question, mais la plus utile en production : cette licence expire-t-elle, et quand.

Le champ Description de /dlv contient un mot-clé qui décide de tout ce que vous pouvez faire ensuite.

Ce que contient la description Type Ce que ça implique
OEM_DM, OEM_SLP OEM Licence liée à la carte mère de la machine, préinstallée par le constructeur. Non transférable, se réactive seule après réinstallation.
RETAIL Détail Achetée à l’unité. Transférable d’un poste à l’autre, à condition de la retirer du premier.
VOLUME_KMSCLIENT Volume KMS Le poste s’active auprès d’un serveur KMS interne et doit le revoir régulièrement.
VOLUME_MAK Volume MAK Une clé unique avec un quota d’activations, chaque poste s’active directement chez Microsoft.

Retenez l’essentiel : un poste OEM n’a pas besoin qu’on lui saisisse une clé, sa licence est dans le micrologiciel. Un poste en volume mal configuré, lui, se désactivera tout seul dans six mois.

Deux commandes, dans cet ordre : installer la clé, puis demander l’activation.

Installation de la clé puis activation
slmgr /ipk <CLE-PRODUIT>
slmgr /ato

/ipk remplace la clé actuelle. /ato contacte les serveurs Microsoft (ou le KMS, si le poste est un client KMS) et demande l’activation. Si tout va bien, une fenêtre confirme que le produit a été activé ; vérifiez avec slmgr /dli.

Sur une machine dont la licence est dans le micrologiciel, vous n’avez pas besoin de connaître la clé du tout, et vous ne devez surtout pas en saisir une autre : Windows lit la sienne dans la table ACPI MSDM du BIOS et s’active seul dès qu’il a une connexion. Pour vérifier qu’une licence firmware est bien présente avant de réinstaller un poste :

Le poste a-t-il une licence inscrite dans son BIOS ?
(Get-CimInstance -ClassName SoftwareLicensingService).OA3xOriginalProductKeyDescription

Une réponse vide signifie qu’il n’y a rien dans le micrologiciel, et donc qu’il faudra fournir une clé.

Sur un poste isolé, en salle blanche ou sur un réseau industriel sans accès Internet, l’activation passe par le service téléphonique de Microsoft. Le principe : le poste produit un identifiant d’installation, vous le dictez, on vous rend un identifiant de confirmation.

Activation téléphonique
slmgr /dti
slmgr /atp <IDENTIFIANT-DE-CONFIRMATION>
slmgr /dlv

/dti affiche l’identifiant d’installation, une longue suite de chiffres. Le numéro de téléphone du centre d’activation dépend du pays : il s’affiche dans l’assistant graphique quand vous choisissez une autre méthode que l’activation par Internet.

C’est là que les entreprises se prennent les pieds dans le tapis, parce que les deux mécanismes n’ont strictement rien à voir.

MAK (Multiple Activation Key) fonctionne comme une licence détail avec un compteur : une clé, un quota d’activations, chaque poste s’active une fois directement auprès de Microsoft et n’y revient plus. Simple, adapté aux postes nomades ou isolés. Le quota se consomme, y compris quand vous réinstallez le même PC.

KMS (Key Management Service) fonctionne comme un abonnement : un serveur interne délivre une activation valable 180 jours, que le client renouvelle automatiquement tous les 7 jours. Un poste qui ne revoit pas son KMS pendant six mois repasse en état non activé. Le serveur ne commence à répondre qu’à partir d’un seuil minimal de clients distincts — 25 pour les postes de travail, 5 pour les serveurs — ce qui surprend toujours au démarrage d’un déploiement.

Côté client, la configuration se fait avec deux paramètres :

Pointer un client vers un serveur KMS interne
slmgr /skms kms.example.com:1688
slmgr /ato
slmgr /dlv

Pour revenir à la découverte automatique, qui s’appuie sur un enregistrement DNS SRV _vlmcs._tcp :

Revenir à la découverte automatique par DNS
slmgr /ckms
slmgr /ato

Retirer une clé avant de céder ou de recycler un poste

Section intitulée « Retirer une clé avant de céder ou de recycler un poste »

Deux commandes complémentaires, et il faut les deux :

Désinstaller la clé et l'effacer du registre
slmgr /upk
slmgr /cpky

/upk désinstalle la clé produit et désactive Windows. /cpky efface la clé stockée dans le registre, où des utilitaires — légitimes ou non — savent très bien aller la lire. Sur un poste qui sort de l’entreprise, en don, en revente ou en reprise, faites les deux. C’est aussi la manipulation à faire sur le poste source avant de déplacer une licence détail vers une autre machine.

Les codes se ressemblent tous. Les quatre que vous rencontrerez :

Code Ce qu’il veut dire Quoi faire
0xC004F050 La clé saisie n’est pas valide pour cette édition Vérifier la frappe, et surtout que la clé correspond à l’édition installée
0xC004C003 Le serveur d’activation a bloqué la clé Clé déjà trop utilisée, révoquée, ou d’origine douteuse. Il n’y a rien à dépanner côté poste
0xC004F074 Aucun serveur KMS n’a pu être contacté Vérifier le nom du KMS, le port 1688/TCP et le pare-feu
0x8007232B Le nom DNS n’existe pas L’enregistrement SRV _vlmcs._tcp est absent : pointer le KMS explicitement avec /skms

Réarmer la période d’essai, et pourquoi j’évite

Section intitulée « Réarmer la période d’essai, et pourquoi j’évite »

slmgr /rearm réinitialise le compteur de la période de grâce, généralement 30 jours, et le nombre de réarmements possibles est limité. C’est prévu pour la préparation d’images système, pas pour faire durer un Windows non licencié.