SentinelOne : installer, mettre à jour et surveiller les agents Windows et Linux
Calendrier imposé par le SOC, pilote sur un groupe taggé, installation silencieuse avec token, poste hors ligne et branche 24.3 pour les vieux OS : mettre à jour un agent EDR sans casser le parc.
Un agent EDR n’est pas un logiciel comme les autres. Il tourne au plus près du noyau, il voit tout, il peut isoler une machine du réseau, et s’il se met à mal fonctionner, c’est l’ensemble du parc qui devient soit aveugle, soit injoignable. On ne le met donc pas à jour comme un lecteur PDF, en poussant la dernière version un vendredi soir.
Chez moi, l’EDR SentinelOne est supervisé par un Micro-SOC externe, ce qui ajoute une contrainte de calendrier : c’est le SOC qui annonce la fin de support des anciens agents et qui fixe les échéances. Au printemps 2026, la consigne était claire : agents Linux à passer en 25.4 GA avant début mai, agents Windows à passer en 25.2 SP2 via un pilote de deux semaines fin juin, puis généralisation. Voici comment j’ai organisé ça, et les quelques détails d’installation qui font gagner une journée.
Prérequis
Section intitulée « Prérequis »- Un accès à la console de gestion SentinelOne (ou à celle du SOC qui la porte), avec le droit de créer des groupes et des politiques.
- Le token d’installation du site ou du groupe cible, récupéré dans la console. Il lie l’agent à la bonne politique dès la première connexion.
- Les paquets d’installation des versions cibles, téléchargés depuis la console : exécutable ou MSI pour Windows, paquet rpm ou deb pour Linux.
- Un inventaire à jour des systèmes d’exploitation du parc, y compris ce qui traîne au pied des machines dans l’atelier.
Choisir la bonne branche d’agent selon l’OS
Section intitulée « Choisir la bonne branche d’agent selon l’OS »La première erreur à éviter est d’imaginer qu’une seule version couvre tout le parc. Les agents récents abandonnent les systèmes anciens, et une PME industrielle en a toujours quelques-uns.
| Système | Branche d’agent | Remarque |
|---|---|---|
| Windows et Windows Server actuels, 64 bits | 25.2 SP2 (build 25.2.6.442) | Branche courante, déployée via pilote |
| Windows 7 / 8, Server 2008 R2 / 2012, systèmes 32 bits | 24.3.6 SP3 | Dernière branche compatible : à garder, pas à migrer |
| Linux (serveurs, appliances) | 25.4 GA | Échéance imposée par le SOC début mai 2026 |
Monter un groupe pilote qui ressemble au parc
Section intitulée « Monter un groupe pilote qui ressemble au parc »Le SOC demandait un pilote de deux semaines. Un pilote qui ne contient que les postes du service informatique ne prouve rien : ces machines sont propres, à jour, et personne n’y lance un logiciel d’automatisme. Il faut des postes représentatifs de ce que les gens font vraiment : bureautique, nomades, techniciens avec leurs outils métier, au moins un serveur.
- Dans la console, créez un tag ou un groupe dédié. J’ai utilisé le tag « Pilote Endpoint / Windows », lisible par le SOC comme par moi.
- Affectez-lui une politique qui reprend la politique de production, avec la version d’agent cible.
- Déployez la mise à jour sur ce groupe seulement, et prévenez les utilisateurs concernés qu’ils sont cobayes.
- Observez pendant la fenêtre convenue : chez moi, du 25 juin au 8 juillet 2026. Ce que vous cherchez, ce n’est pas une alerte de sécurité, c’est un logiciel métier qui ne démarre plus ou un poste qui rame.
- Si rien ne remonte, basculez la politique de production sur la nouvelle version et laissez la mise à jour se propager par vagues.
Installer un agent Windows en silence
Section intitulée « Installer un agent Windows en silence »Le SOC fournit un exécutable. Point important qui fait perdre du temps la première fois : cet exécutable n’a pas d’interface graphique. Double-cliquer dessus ne montre rien, et un technicien conclut qu’il ne s’est rien passé. Si vous voulez une installation avec fenêtre, prenez le paquet MSI. Pour un déploiement scripté, l’exécutable et son token suffisent :
.\SentinelOneInstaller_windows_64bit_v25_2_6_442.exe -t "<token du site ou du groupe>"Le token détermine dans quel site et quel groupe l’agent apparaîtra, donc quelle politique il appliquera. Prenez celui du groupe pilote pendant le pilote, celui de la production ensuite.
Poste sans accès à la console au moment de l’installation
Section intitulée « Poste sans accès à la console au moment de l’installation »Par défaut, l’installateur vérifie qu’il joint la console avant de s’installer. Sur un poste préparé hors ligne, ou derrière un réseau qui n’a pas encore l’ouverture nécessaire, l’installation échoue pour cette seule raison. Le SOC m’a transmis la syntaxe suivante pour ce cas :
.\SentinelOneInstaller_windows_64bit_v25_2_6_442.exe -t "<token>" -a "NO_CONNECTION_FROM_INSTALLER_TO_MGMT=false"L’agent s’enregistrera à sa première connexion réseau utile.
Vérifier après installation
Section intitulée « Vérifier après installation »Get-Service SentinelAgent | Select-Object Name, Status, StartType
$ctl = Get-ChildItem "$env:ProgramFiles\SentinelOne\Sentinel Agent *\SentinelCtl.exe" | Select-Object -First 1& $ctl.FullName version& $ctl.FullName statusLe poste doit aussi apparaître dans la console, dans le bon groupe, avec la bonne version, dans les minutes qui suivent. S’il apparaît dans le mauvais groupe, c’est le token qui était mauvais, pas l’agent.
Mettre à jour les agents Linux
Section intitulée « Mettre à jour les agents Linux »Sur Linux, l’agent se gère avec sentinelctl. Le passage en 25.4 GA se fait en installant le nouveau paquet
par-dessus l’ancien, puis en vérifiant que l’agent est bien reconnecté à la console.
sudo rpm -Uvh SentinelAgent_linux_x86_64_v25_4_*.rpmsudo /opt/sentinelone/bin/sentinelctl versionsudo /opt/sentinelone/bin/sentinelctl control statusSur une distribution deb, remplacez rpm -Uvh par dpkg -i. Pour une première installation, il faut en plus
fournir le token puis démarrer l’agent :
sudo /opt/sentinelone/bin/sentinelctl management token set "<token du site ou du groupe>"sudo /opt/sentinelone/bin/sentinelctl control startSi votre SOC préfère piloter les mises à jour Linux depuis la console (action de mise à niveau sur le groupe), c’est encore plus simple, mais vérifiez ensuite la version sur chaque machine plutôt que de faire confiance au tableau de bord.
Surveiller ce qui a été déployé
Section intitulée « Surveiller ce qui a été déployé »Une fois la généralisation lancée, trois contrôles suffisent :
- La répartition des versions dans la console, filtrée par groupe : tout ce qui reste sur une ancienne branche doit avoir une raison (OS ancien) ou un ticket.
- Le rapport CVE que la console peut générer : je le sors régulièrement depuis mars 2026, il montre les vulnérabilités connues sur le parc et sert de base au rapport mensuel du SOC, qui couvre l’EDR, l’accès Internet et la protection mobile.
- Les notifications : SentinelOne propose en bêta une nouvelle plateforme de notifications, que je teste pour recevoir les changements d’état d’agents sans ouvrir la console.
Retrouver l’accès à la console quand le second facteur est perdu
Section intitulée « Retrouver l’accès à la console quand le second facteur est perdu »Si vous perdez votre second facteur sur la console (nouveau téléphone, application réinitialisée), vous ne pouvez pas le remettre à zéro vous-même : la demande passe par le portail client du Micro-SOC, sous forme de ticket, et quelqu’un de l’autre côté vérifie qui vous êtes avant de réinitialiser le 2FA. C’est lent par conception, et c’est très bien ainsi.
Ce qui l’est moins, c’est de découvrir ce chemin le jour où on en a besoin. Notez-le dans votre procédure de remplacement, avec l’adresse du portail et le type de ticket à ouvrir : la personne qui vous remplace pendant vos vacances n’aura ni votre téléphone, ni le temps de chercher.
Pour aller plus loin
Section intitulée « Pour aller plus loin »- Un poste isolé par l’EDR : que faire, dans quel ordre, et comment documenter l’incident, la face opérationnelle du même agent.
- Joindre une machine Linux au domaine avec authselect et winbind, pour les serveurs Linux qui reçoivent aussi l’agent.
- Procédure de remplacement IT pendant une absence, où le chemin de réinitialisation du 2FA doit figurer.