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Jérémie Vitet

Virtualisation

Administrer une infrastructure de postes virtuels VMware Horizon

Publier des applications, gérer les droits par groupe, lire le tableau de santé et comprendre la chaîne de dépendances Horizon, RDS et vCenter — y compris pourquoi tout s'arrête quand un seul maillon tombe.

Publié le
Temps de lecture
6 min de lecture
Niveau
avancé
Statut
à jour
Vérification
Testé sur VMware Horizon, VMware vCenter Server, Windows Server RDS

Une infrastructure de postes et d’applications virtualisés ressemble à une boîte noire tant qu’on n’a pas compris qui fait quoi. Les utilisateurs cliquent sur une icône, une application s’ouvre, et quand elle ne s’ouvre pas, la question « c’est Horizon ou c’est le serveur ? » n’a rien d’évident.

La réponse tient en une phrase, et c’est la chose la plus utile à retenir de cette fiche : Horizon ne remplace pas les services Bureau à distance, il les publie. Ce sont deux solutions indépendantes, reliées par un agent. Le jour où la brique Microsoft tombe, Horizon continue d’afficher son catalogue et plus rien ne démarre, parce qu’il n’y a plus personne pour fournir la session.

Avant toute manipulation, il faut savoir de quoi dépend une icône d’application.

  1. L’annuaire authentifie l’utilisateur et porte les groupes qui ouvrent les droits.
  2. Le serveur de connexion Horizon — le courtier — reçoit la demande, vérifie les droits et oriente l’utilisateur vers une ressource.
  3. Le serveur d’applications ou de bureaux, sous Windows Server avec le rôle Bureau à distance, exécute réellement l’application et fournit la session.
  4. L’agent Horizon, installé sur ce serveur, est le lien entre les deux mondes. C’est lui qui fait qu’un serveur configuré correctement est détecté et exploitable.
  5. vCenter permet au courtier de voir les machines et, sur les pools automatisés, de les provisionner.

Chaque maillon manquant produit un symptôme différent, et c’est en remontant cette liste qu’on diagnostique vite. Une application absente du catalogue est un problème de droits ou de publication. Une application présente mais qui ne démarre pas est presque toujours un problème côté serveur Bureau à distance ou agent.

La console est publiée sur le nom interne du serveur de connexion, suivi du chemin d’administration — typiquement https://horizon.example.com/admin. Elle n’est accessible que depuis le réseau interne, et c’est très bien ainsi : une console de courtier exposée sur Internet est une cible de choix.

L’authentification se fait avec un compte de l’annuaire disposant du rôle d’administrateur Horizon, pas avec un compte local. Donnez ce rôle à un groupe, jamais à des comptes nominatifs.

La page d’accueil de la console affiche l’état de tous les composants de l’infrastructure : serveurs de connexion, serveurs d’applications et de bureaux, connexion à vCenter, domaines. Le code couleur est universel — vert pour normal, orange pour avertissement, rouge pour erreur — et chaque composant est cliquable pour afficher le détail de l’anomalie.

Le second endroit à consulter est le journal des événements, accessible depuis le compteur affiché en haut de la console. C’est lui qui donne le contexte : quel utilisateur, quelle ressource, quel horodatage. Un tableau de santé vert avec des événements d’erreur récents mérite qu’on s’arrête : cela signale en général un problème intermittent, celui qui génère les tickets qu’on n’arrive pas à reproduire.

La publication d’applications se fait depuis le catalogue, dans la section dédiée aux pools d’applications. La console propose d’abord la liste des applications qu’elle a détectées sur les serveurs disponibles : dans la majorité des cas, il suffit de cocher.

Quand l’application n’apparaît pas — un exécutable installé hors des chemins standard, un outil métier lancé par un raccourci particulier — il faut la déclarer manuellement en désignant le serveur d’exécution, puis le chemin de l’exécutable et ses éventuels paramètres.

Deux options méritent qu’on s’y arrête, parce qu’elles sont mal comprises :

Option Ce qu’elle fait Quand l’utiliser
Prélancement L’application est démarrée dès l’ouverture de session, avant que l’utilisateur ne clique Sur une application lourde, très utilisée, dont le temps de démarrage est pénible. Consomme des ressources en permanence
Sessions multiples Autorise l’usage simultané de la même application depuis plusieurs points de connexion Pour un utilisateur qui travaille depuis deux postes. À éviter sur les applications qui verrouillent leurs fichiers

Le prélancement est tentant et se paie : chaque session prélancée occupe de la mémoire sur le serveur, qu’elle serve ou non. Réservez-le à une ou deux applications, jamais au catalogue entier.

Attribuer les droits par groupe, jamais par personne

Section intitulée « Attribuer les droits par groupe, jamais par personne »

À la fin de la création d’un pool, la console ouvre directement la fenêtre d’attribution des droits. C’est le moment de prendre la bonne habitude : on attribue à des groupes de l’annuaire, pas à des utilisateurs.

La raison est opérationnelle. Un nouvel arrivant dans un service doit obtenir ses applications en étant ajouté à deux ou trois groupes, pas en ouvrant une console et en cochant quinze pools. Un départ se traite de la même façon, en une action, et de façon vérifiable.

Les droits d’un pool existant se modifient de la même manière, sans toucher à la publication elle-même : on ouvre les autorisations, on ajoute ou retire un groupe, on valide. C’est instantané côté catalogue, mais une session déjà ouverte conserve ce qu’elle avait au moment de l’authentification. Prévenez les utilisateurs qu’un nouveau droit demande une reconnexion.

Une partie du comportement du poste virtuel ne se configure pas dans Horizon mais par stratégie de groupe, avec les modèles d’administration fournis par l’éditeur : gestion du profil utilisateur, redirection de dossiers, restrictions sur les périphériques clients, impression, presse-papiers.

C’est un point qui surprend les administrateurs qui découvrent le produit : ils cherchent longtemps une case à cocher dans la console alors que le réglage est du côté Windows. La règle pratique : la console gère qui accède à quoi, la stratégie de groupe gère comment la session se comporte.

L’ajout d’un serveur d’applications suit la même logique. Il n’y a rien à créer dans Horizon : on prépare un serveur Windows avec le rôle Bureau à distance comme dans n’importe quelle infrastructure Microsoft, on le place dans sa collection de sessions, on y installe l’agent Horizon, et le courtier le détecte de lui-même via vCenter. Si la partie Microsoft est bancale, l’agent n’y changera rien.

Surveiller le serveur d’applications comme un serveur de production. Processeur, mémoire, espace disque et nombre de sessions. La plupart des « Horizon est lent » sont des serveurs saturés.

Documenter la correspondance groupe / pool / application. Un tableau à trois colonnes, tenu à jour, qui sert à l’arrivée d’un collaborateur, à un audit de droits et au diagnostic. Sans lui, la console est la seule source de vérité, et elle ne s’exporte pas facilement.

Tester après chaque mise à jour du serveur d’applications. Un correctif Windows qui touche au rôle Bureau à distance peut casser la publication sans qu’aucun voyant ne passe au rouge : le composant est vert, la session ne s’ouvre pas. Gardez un compte de test avec un droit sur chaque pool, et faites-le tourner.