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Jérémie Vitet

Cybersécurité

Hornetsecurity et Microsoft 365 : stopper les libérations automatiques de quarantaine provoquées par Safe Links

Vos utilisateurs « libèrent » vingt spams par seconde ? Ce n'est pas eux, c'est Safe Links qui clique les liens des rapports de quarantaine. La règle de flux Exchange qui règle le problème, et le nettoyage qui suit.

Publié le
Temps de lecture
7 min de lecture
Niveau
intermédiaire
Statut
à jour
Vérification
Testé sur Microsoft 365, Defender for Office 365 Plan 1, Hornetsecurity Email Protection

Début mars 2026, quelques mois après la migration de l’antispam vers Hornetsecurity, plusieurs utilisateurs me signalent une avalanche de publicités dans leur boîte. Pas de phishing, pas de malware : du spam commercial ordinaire, celui que le filtre est justement censé arrêter. Premier réflexe, ouvrir un ticket chez l’éditeur avec un titre volontairement vague : « infomail et/ou spam mal filtré ». Deuxième réflexe, celui qui a tout changé : aller lire le journal d’audit du Control Panel avant d’accuser qui que ce soit.

Le journal montre des utilisateurs qui « libèrent » vingt mails de quarantaine en moins d’une seconde et qui, dans le même mouvement, ajoutent chaque expéditeur à leur liste blanche. Vingt actions à la même seconde. Humainement impossible. Personne ne clique aussi vite, et sûrement pas sur des publicités.

Un rapport de quarantaine Hornetsecurity est un mail HTML avec des boutons : « Preview », « Deliver », « Add sender to allow list ». Chaque bouton est un lien. Une visite sur ce lien vaut un clic, sans autre confirmation. C’est pratique pour l’utilisateur, et c’est exactement ce qu’un robot ne doit jamais faire.

Or Microsoft Defender for Office 365 Plan 1, inclus dans ma licence Microsoft 365, embarque Safe Links. Pour vérifier qu’un lien n’est pas piégé, Safe Links le visite. Tous les liens du mail. Y compris « Deliver » et « Add sender to allow list ». Imaginez un vigile qui, pour s’assurer qu’aucune porte n’est piégée, les ouvre toutes une par une : la vérification est faite, mais vos spams sont entrés et leurs expéditeurs ont désormais un badge permanent.

Dans mon cas, les adresses IP sources relevées dans le journal d’audit racontaient l’histoire en deux temps : d’abord des plages Microsoft (Safe Links), puis des plages d’un hébergeur cloud public, autrement dit un second scanner de liens que je n’avais pas identifié tout de suite.

Ce que vous voyez Ce que ça veut dire
Des dizaines de « release » à la même seconde pour un même utilisateur Un robot suit les liens du rapport, pas l’utilisateur
IP source dans des plages Microsoft Safe Links (Defender for Office 365)
IP source chez un hébergeur cloud Un scanner tiers (passerelle, sandbox, extension)
Liste blanche qui grossit toute seule Le bouton « Add sender to allow list » est cliqué par le robot
Les spams arrivent par paquets, 30 minutes après le rapport Délai entre le rapport, le clic automatique et la livraison
  • Un compte administrateur Exchange Online (rôle « Gestion de l’organisation » ou équivalent).
  • Un accès administrateur au Control Panel Hornetsecurity, avec le journal d’audit.
  • La base de connaissances Hornetsecurity « Workaround for automatic releases of quarantined emails », qui liste les plages IP des serveurs de rapports de quarantaine par région.

Avant de toucher au moindre paramètre, prouvez le phénomène. Dans le Control Panel Hornetsecurity, ouvrez le journal d’audit et filtrez sur les actions de libération (release) et d’ajout à la liste blanche. Cherchez trois choses :

  1. Des rafales d’actions horodatées à la même seconde.
  2. Des utilisateurs qui affirment n’avoir rien fait (et qui disent vrai).
  3. Les adresses IP sources de ces actions, à comparer aux plages Microsoft et à celles d’un éventuel second scanner.

Gardez une capture ou un export : le support de l’éditeur vous la demandera, et elle vous servira à vérifier, après correction, que le comportement a bien disparu.

Section intitulée « Créer la règle de flux Exchange qui désactive Safe Links pour les rapports »

La solution n’est pas de désactiver Safe Links pour tout le monde. C’est de dire à Exchange Online : « pour les mails qui viennent des serveurs de rapports Hornetsecurity, ne réécris pas et ne visite pas les liens ». Cela passe par un en-tête interne documenté par Microsoft : X-MS-Exchange-Organization-SkipSafeLinksProcessing.

  1. Centre d’administration Exchange, Flux de messagerie > Règles, puis Ajouter une règle > Créer une règle.
  2. Condition : L’adresse IP de l’expéditeur figure dans l’une de ces plages. Renseignez les plages des serveurs de rapports de quarantaine Hornetsecurity de votre région (EU dans mon cas), telles que listées dans la base de connaissances.
  3. Action : Modifier les propriétés du message > Définir un en-tête de message. Nom : X-MS-Exchange-Organization-SkipSafeLinksProcessing, valeur : 1.
  4. Enregistrez, puis activez la règle.

La même règle en une commande, plus facile à relire six mois plus tard :

Règle de flux : ignorer Safe Links pour les rapports de quarantaine
Connect-ExchangeOnline
New-TransportRule -Name "Hornetsecurity - rapports de quarantaine sans Safe Links" `
-SenderIpRanges "198.51.100.0/24", "203.0.113.0/24" `
-SetHeaderName "X-MS-Exchange-Organization-SkipSafeLinksProcessing" `
-SetHeaderValue "1" `
-Comments "Empêche Safe Links de suivre les boutons Deliver / Allow des rapports de quarantaine"

Remplacez les plages d’exemple par celles de la base de connaissances Hornetsecurity.

Une règle de flux met plusieurs dizaines de minutes à se propager. Ne concluez rien avant. Attendez le prochain rapport de quarantaine, puis retournez dans le journal d’audit : les rafales de « release » à la même seconde doivent avoir disparu.

Contrôlez aussi l’en-tête sur un rapport reçu après activation : ouvrez le message dans Outlook, affichez les en-têtes Internet (ou collez-les dans l’analyseur d’en-têtes de Microsoft) et cherchez X-MS-Exchange-Organization-SkipSafeLinksProcessing: 1.

Deuxième ligne de défense, indépendante de la première : rendre les rapports moins dangereux quand quelqu’un ou quelque chose les clique quand même.

Dans le Control Panel, ouvrez Quarantine report layouts et choisissez un modèle sans bouton « Preview » ni « Add sender to allow list ». Un simple « Deliver » livre le mail en question, ce qui est déjà agaçant, mais ne pollue pas la liste blanche. C’est l’ajout automatique d’expéditeurs qui transforme un incident d’un jour en problème permanent : une fois l’expéditeur autorisé, ses envois suivants ne passent même plus par la quarantaine.

Pendant les semaines où le robot a cliqué, il a rempli les listes blanches des utilisateurs avec des dizaines d’expéditeurs de spam. La règle de flux arrête l’hémorragie, elle ne soigne pas la plaie.

Deux options :

  • Demander au support de l’éditeur un retrait en masse des entrées ajoutées sur la période concernée. C’est ce que j’ai fait, avec les dates du journal d’audit comme périmètre.
  • Purger manuellement, utilisateur par utilisateur, depuis le Control Panel. Faisable pour dix personnes, pas pour deux cents.

Prévenez aussi les utilisateurs : les spams « libérés » avant la correction arrivent d’un seul coup une trentaine de minutes après le rapport. Le jour où j’ai reçu la salve dans ma propre boîte, mon message au support tenait en une ligne de consonnes. Ce n’est pas une rechute, c’est la queue de la file.